Covid, Kobe Bryant, Roland Garros et PS5 sont dans un bateau

Je passais une passionnante soirée à compulser comme chaque fin d’année le Top 10 des recherches sur Google pour 2020 en France. Une activité que je recommande parce qu’elle nous offre une vision des centres d’intérêt de nos compatriotes sur l’année passée. Un palmarès marqué par l’actualité sanitaire qui sera portée au jugement de l’histoire sur un brancard à n’en point douter puisque les expressions autour du Covid se placent six fois parmi les mots les plus recherchés. Les élections américaines, Kobe Bryant, Roland Garros et PS5 complètent le tableau. Je me demande l’espace d’un court instant ce qu’il est advenu des sujets que j’avais compris capitaux comme l’écologie, la diversité, les violences des policiers ou policières je ne sais plus… et je passe à autre chose parce que bon… voilà. Je ne veux pas que le tribunal de « Ceux qui nous succéderont » vienne fouiller dans mon historique de recherche personnel.

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Étant d’une nature plutôt bienveillante et généreuse, tout en étant Français ce qui est vous l’avouerez assez épatant, j’évite d’aborder le coronavirus ou la victoire du sémillant Joe Biden sur l’effrayant Donald Trump – qui sera lui aussi porté au jugement de l’histoire sur un brancard, mais avec une camisole pour l’empêcher de twitter. Quant à Kobe Bryant et Roland Garros, rien ne me vient , je suis aussi sec qu’une pinte bretonne à 19 h 30, si tant est qu’un estaminet soit ouvert ce qui n’est pas gagné.

«PS5» donc. De quoi parle-t-on ici ? de la dernière version de la console PlayStation de Sony. Vous êtes en droit de vous demander en quoi cela m’intéresse-t-il ? Qu’est-ce qu’un bobo poivre et sel du IXe parisien peut bien avoir à faire de l’actualité des consoles de jeux, qui par essence sont des objets destinés à l’enfance, à l’adolescence ou à la rigueur à un sociopathe vivant au sous-sol d’une mère à la voix stridente criant « Normaaaan » quand il est l’heure de manger ses rognons sauce Madère. Que de clichés tout ça. Le monde a changé, et vous ne l’avez pas vu. Laissez-moi vous ouvrir les yeux.

De l’invention du jeu vidéo

J’ai inventé le jeu vidéo à la faveur d’un divorce fondateur qui avait ébranlé les bases de mon univers familial tout en me projetant sur une planète virtuelle que jamais je ne quitterais. Bien sûr, vous aurez corrigé de vous-même, je n’ai pas vraiment inventé le jeu vidéo, mais pour moi lorsque Pong me visita, ce fut tout comme. L’arrivée dans mon confortable intérieur d’une bourgade de province que n’aurait pas renié Claude Chabrol, bien loin des soubresauts du monde très rigolo des années 1970 d’une console de jeu vidéo Atari 2600 bouleversa mon intérieur finalement moins douillé suite à au suscité divorce certes fondateur mais surtout ébranlant. Après ces premiers affrontements rythmés bien souvent par des conséquences d’ordre physique de la part de l’autre joueur lorsque je gagnais, je n’ai plus jamais lâché la manette, le pad, le joystick,…

Dans les années 1980, j’ai joué à Invaders, Pacman et surtout 1942, dans les salles d’arcade qui m’ont vu mûrir comme un gentil champignon. La fin des eighties vit l’avènement de l’ordinateur personnel, et l’un de mes camarades de l’époque, heureux détenteur d’un Amiga, me fit découvrir le révolutionnaire, que dis-je, LE révolutionnaire Kick Off. Première simulation de football qui assura la deuxième couche d’une peinture indélébile vouée à ne jamais s’effacer. J’aime faire des phrases, désolé.

Les années 1990, le Grunge, les cheveux gras, les jeans troués pour vous. De mon côté c’était Lara. Une relation exclusive qui allait tenir près d’un an. Que je passais à observer le doux balancement de la callipyge Anglaise, fille illégitime d’Indiana Jones et de Donkey Kong (si tant est bien sûr que ce fut une femelle), un sourire de contentement figé sur mes lèvres pas encore ourlées de quelque barbe. Et puis… la Croft se retrouve coincée dans un pixel derrière un rocher, je venais de découvrir le bug informatique. Redémarrage de la partie en cours. Bouton Reset sur mon premier PC. Coitus interruptus, c’est la définition que vous ne trouverez pas dans le dictionnaire.

Depuis, je réussissais à libérer plusieurs fois l’Europe en massacrant des nazis à la pelle – je ne veux pas dire avec une pelle mais que j’en ai tué beaucoup –, à prospérer dans mon royaume en massacrant des trolls voire des nains très hargneux ou à explorer des mondes lointains en massacrant avec des bruits mignons toutes les espèces indigènes que je croisais, sur des consoles allant de la PS One, Game Cube, Wii, GameBoy jusqu’à la Nintendo DS pour finalement revenir à PlayStation. Prenons un moment pour se remémorer celles et ceux que j’ai massacrés. Voilà c’est fait.

Ne pas oublier ses amours de jeunesse

Toutes ces années, je n’ai jamais oublié mon premier amour pour les simulations footballistiques et depuis Fifa Soccer 96, je n’ai jamais manqué à l’appel et j’ai enchaîné les saisons comme les versions. Aujourd’hui encore, je ne suis jamais loin d’un match sur ma PlayStation 4.

Est-ce à dire – la chute nous renvoyant à mon propos liminaire dont je l’avoue je me suis éloigné encore une fois pour me replonger dans les circonvolutions de mes aventures personnelles – que j’aimerais pouvoir passer un nouveau cap avec la dernière et, paraît-il, magique version de cette console ? La PlayStation 5 donc. C’est un clin d’œil au destin et à la générosité de mes proches que je ne vais pas franchir, je sais me tenir. 

Je ne suis quand même pas un enfant !

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