La jeunesse emmerde le rock’n roll

Concert Fontaines DC
Le mec de 4,50 mètres planté devant moi pendant tout le concert.

J’ai eu la chance de voir Fontaines DC au Bataclan le 10 novembre dernier, merci au MoZ. Je pourrai raconter ce concert à mes enfants quand je serai ieuv.

Ah mais… suis-je frappé de la maladie dont il ne faut pas prononcer le nom (je dis ça parce que je ne m’en souviens pas, voir la phrase suivante) ? Parce qu’en fait je suis ieuv (mais je pense que je parle comme un djeuns *) et je ne vais pas vous ménager mais… nous sommes tous les vieux de quelqu’un.

Enfin… à un concert de punk rock irlandais un dimanche soir de l’automne 2019, ce n’est pas une figure de style. C’est une réalité qui vous saute aux yeux dans la fosse (dans la fosse !!!) : c’est le défilé des cheveux blancs, Roland Provost (le père de Franck) a du passer par là.

Et là sur scène, le gars qui a sans doute 22 ans (il pense qu’il les aura toujours l’imbécile), Grian Chatten, leader des Fontaines DC donc, campé dans son sweat oversized taille « double Justin » (Timberlake & Bieber sont dans un bateau) se met à scander en version dublinoise, les espoirs d’énervé rimbaldinesque qu’il a nourri là-bas sur son île dans la brume d’un royaume qui sombre toujours plus dans le brouillard (#geopolitiquedecomptoir).

11 morceaux plus tard…

Tu l’as vu ma setlist ? ©MoZ

Les Fontaines ont déroulé les onze titres de leur premier album, Drogel (une vraie critique du live ici ) comme on fait l’article de sa jeunesse devant nous, les blanchis sous le harnais, mollement intéressés que nous étions, spectateurs devant une même vitrine à punks. Bataclan, pourtant ça ne rime pas avec Amsterdam, non ?

Et de se finir en hochant la tête… en se disant qu’ils avaient une belle énergie ces jeunes, même si c’étaient pas les Pistols. Enfin les ceux qui étaient sur scène parce que dans la salle, lieu d’un culte abandonné ce soir là aux enfants du rock, point je n’en ai pas vu si ce n’est les cinquante massés au pied du groupe, concentrés qu’ils étaient à se malaxer le pogopogo comme des foufous.

Est-ce que le rock est il mort ? Et suis-je, amoureux des riffs électriques depuis Pompidou, condamné à battre en retraite, à tirer sur ma révérence tel un vieux pull élimé ? Peut on être et avoir été ?

Pire… est ce que la jeunesse se trouve seulement dans les concerts de Big Jul & OlGims ? N’en jetez plus, j’ai la nausée. [Smiley qui vomit]

* Le djeuns n’est pas un djinn. Même s’il est tonique, son esprit n’est pas encore malin (vous l’avez celle là ?)

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